Entre passion populaire intacte, gouvernance fédérale sous le feu des critiques et boom des paris sportifs, le football camerounais traverse une période à deux vitesses. État des lieux, chiffres à l’appui.
Un pays de foot toujours porté par une ferveur populaire
Le Cameroun reste l’une des nations les plus emblématiques du football africain. Les Lions Indomptables comptent huit participations à la Coupe du Monde (record sur le continent), cinq titres à la CAN (1984, 1988, 2000, 2002, 2017) et un sacre olympique en 2000.
Le football camerounais a toujours formé une diaspora impressionnante, de Roger Milla et Samuel Eto’o à la génération actuelle, avec des joueurs présents dans les cinq grands championnats européens : Bryan Mbeumo à Manchester United, Christian Kofane au Bayer Leverkusen, Carlos Baleba à Brighton ou encore Jean Onana au Genoa. Des centres de formation comme l’Académie des Brasseries du Cameroun continuent d’alimenter ce vivier.
Malgré les difficultés institutionnelles détaillées plus bas, le pays reste scruté par les recruteurs européens et suivi avec passion par ses supporters, notamment via les chaînes locales et les plateformes mobiles. C’est d’ailleurs sur mobile qu’une partie croissante de cette passion se prolonge désormais autour des rencontres des Lions et des championnats européens : de plus en plus de Camerounais choisissent par exemple de télécharger l’appli mobile WinWin pour parier afin de suivre les compétitions tout en misant depuis leur smartphone.
Eto’o à la FECAFOOT : un bilan miné par les polémiques
Élu président de la FECAFOOT en 2021, Samuel Eto’o devait incarner un renouveau. Son mandat est pourtant marqué par une accumulation d’affaires.
En juillet 2024, il a été condamné par la CAF à une amende de 200 000 dollars pour de graves violations éthiques, dans une affaire de manipulation de matches où il a finalement été blanchi sur ce point précis. Un peu plus tard en octobre 2024, la FIFA l’a suspendu six mois de tout accès aux matches des sélections nationales, hommes et femmes confondus, après un comportement jugé « offensant » lors d’un quart de finale féminin. En janvier 2026, il a de nouveau été suspendu quatre matches par la CAF, assortis d’une amende de 20 000 dollars, pour son comportement après l’élimination du Cameroun en CAN.
La polémique la plus récente, révélée début septembre 2026 par le quotidien britannique The Times, porte sur la gestion de 567 570 euros versés par la Russie pour un match amical Cameroun-Russie disputé à Moscou en octobre 2023. Selon des contrats et factures consultés par le journal, ces sommes auraient transité par un compte personnel d’Eto’o à la Qatar National Bank de Doha, sans preuve documentée de leur reversement à la fédération. D’anciens dirigeants de la FECAFOOT ont saisi la commission d’éthique de la FIFA. La FECAFOOT dément et dénonce une campagne de diffamation.
Une équipe nationale en reconstruction
Sur le terrain, les Lions Indomptables paient les conséquences de ces turbulences. Le Cameroun a manqué la qualification pour la Coupe du Monde 2026, devancé dans son groupe par le Cap-Vert, qualifié pour la première fois de son histoire. Éliminée dès les demi-finales des barrages africains face à la RD Congo, la sélection dirigée par Marc Brys puis David Pagou a vu son parcours entaché par des tensions récurrentes entre le ministère des Sports (MINSEP) et la FECAFOOT.
Sur le plan comptable, l’équipe oscille entre la 43e et la 45e place au classement FIFA, une position stable mais loin du top continental dominé par le Maroc, le Sénégal et le Nigeria. Le prochain cycle, tourné vers la CAN et les qualifications futures, devra composer avec ce climat institutionnel fragile.
Des clubs locaux qui cherchent leur stabilité
Le championnat national, l’Elite One, a également connu son lot de turbulences avec des retards répétés de calendrier, comme celui de la saison 2025-2026 qui n’a débuté que le 24 janvier 2026, en partie à cause de discussions prolongées entre la FECAFOOT et les clubs. Le format est passé à 14 clubs cette saison.
La Colombe Sportive de Yaoundé a créé la surprise en remportant son premier titre devant le Dynamo de Douala, décrochant la qualification pour la Ligue des champions de la CAF. Les infrastructures restent disparates : certains clubs comme le Canon de Yaoundé jouent au stade Ahmadou-Ahidjo (plus de 40 000 places), quand d’autres se contentent d’enceintes de 2 000 à 5 000 places, à l’image de la Colombe Sportive à l’Annexe 1 Omnisport.
L’essor massif des paris sportifs
Autre visage du football camerounais : son rôle de moteur pour l’industrie des paris sportifs, en pleine expansion depuis la légalisation des jeux en ligne en 2019. Le secteur des jeux d’argent au Cameroun pourrait dépasser 630 millions de dollars d’ici 2030, avec près de 6 millions de parieurs actifs projetés. Pour les parieurs souhaitant profiter de cette dynamique en toute sécurité, il existe un code promo WinWin pour 100€ de bonus permettant de bien démarrer.
Le classement Digital Cameroon 2026 de DataReportal, publié en octobre 2025, montre qu’au moins six requêtes Google liées aux paris sportifs figurent désormais dans le top 20 des recherches du pays, contre une seule en 2020, signe d’une adoption massive portée par le mobile et des solutions comme MTN Mobile Money ou Orange Money. À l’échelle du continent, le marché africain des paris sportifs pèse plus de 4,7 milliards de dollars et devrait atteindre 7,5 milliards d’ici 2028.